"C'était leur Débarquement"

Roger Le Neurès, 101 ans, vétéran de la Bataille de Normandie. Il a débarqué sur la plage d'Omaha avec la 2e DB du général Leclerc. ©Radio France - Martine Abat
Roger Le Neurès, 101 ans, vétéran de la Bataille de Normandie. Il a débarqué sur la plage d'Omaha avec la 2e DB du général Leclerc. ©Radio France - Martine Abat
Roger Le Neurès, 101 ans, vétéran de la Bataille de Normandie. Il a débarqué sur la plage d'Omaha avec la 2e DB du général Leclerc. ©Radio France - Martine Abat
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80 ans après le 6 juin 1944, des vétérans centenaires et des témoins de l'époque racontent leurs souvenirs de ce D-Day, le jour J du Débarquement en Normandie, qui a changé le cours de la Seconde Guerre Mondiale.

"Soldats, Marins et Aviateurs des Forces expéditionnaires alliées ! Vous êtes sur le point de vous embarquer pour la Grande Croisade vers laquelle ont tendu tous nos efforts pendant de longs mois. Les yeux du monde sont fixés sur vous. Les espoirs, les prières de tous les peuples épris de liberté vous accompagnent. Avec nos valeureux Alliés et nos frères d'armes des autres fronts, vous détruirez la machine de guerre allemande”. Le jour s'est déjà levé ce 6 juin 1944, quand le général Eisenhower diffuse ce message radio, à l'intention des troupes alliées. Au cœur de la nuit, il vient de lancer l’opération Overlord. Avec 24 heures de retard, en raison de la météo.

Sur la Manche, une armada de 5 000 navires transportent 130 000 soldats. Les vaisseaux de guerre bombardent le Mur de l’Atlantique que les Allemands avaient érigé le long des côtes. Dans le ciel, des avions lâchent des bombes, et des parachutistes, par milliers. C’est le D-Day, le jour J du Débarquement. Il démarre vers minuit, le 6 juin 1944. Il se poursuivra durant 11 semaines, jusqu’au mois d’août et la Libération de Paris. Pour le maréchal allemand Erwin Rommel, c’est le jour le plus long.

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"On est vos amis Américains qui viennent vous libérer"

Les témoins de ces premières heures du D-Day, n’ont rien oublié. "A six heures du matin, ça frappe à la porte. Et puis y en avait un qui parlait français. Il dit, n'ayez pas peur, on est vos amis Américains qui viennent vous libérer. Dans la journée, ils sont allés dans la grange, ils ont nettoyé leurs fusils qui étaient mouillés, trempés, et eux aussi..."

Quand ils ont débarqué, beaucoup de jeunes soldats alliés, Américains, Britanniques, Canadiens, et Français, se sont retrouvés pris au piège, se noyant pour certains avec leurs 40 kilos d’équipement sur le dos. D’autres ont été abattus sur les plages, au pied de falaises, notamment à Omaha Beach. Des vétérans survivants se souviennent encore de tout. "On a peint les ailes des avions en blanc, pour qu'ils soient facilement reconnaissables. Chaque chasseur avait une bombe, sous chaque aile. lls ont lâché les bombes sur la Normandie. J'ai perdu trente amis proches. C'était juste un jour terrible", raconte Harold Terens, qui va participer aux cérémonies du 80e anniversaire puis va se marier en Normandie, à l'âge de 101 ans.

"C'était leur Débarquement". Reportage signé Martine Abat, Béatrice Dugué, Antoine Giniaux, Simon Maunoury.

Réalisation : Guillaume Girault et Paul Laporte.

Mixage : Manuel Couturier.

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