Á la fois puissant, magnétique, fauve, puis bouillonnant et capricieux, Rudolf Noureev reste la plus grande star de ballet de tous les temps. Ce danseur exalté a révolutionné l'art de la danse du 20ème siècle.
- Dominique Delouche Cinéaste, assistant de Fellini
- Elisabeth Maurin Danseuse étoile, professeur à l'École de danse de l'Opéra de Paris
- Wilfried Romoli Danseur étoile du ballet de l'Opéra de Paris, professeur à l'École de danse de l'Opéra de Paris
- Patrice Bart Maître de ballets à l'Opéra de Paris, danseur
- Véronique Doisneau Ancien sujet à l'Opéra de Paris, professeur à l'École de danse de l'Opéra de Paris
Quel est ce vertige intérieur que suscitent les apparitions de Noureev ? D'où vient cette fascination qui perdure ? C'est qu'il y a dans ses fameux sauts et manèges, un secret qui allie rigueur et fureur, un romantisme habité, une grâce souveraine. Mais cette sauvagerie cache une propension à l'excès et des colères noires. Il ne faut pas oublier les tortures imposées aux autres, qu'il imposait à lui-même selon Patrice Bart. Approcher et connaître Noureev exige ainsi d'apposer en permanence les deux faces d'une même médaille, l'ange et le démon, le feu et la glace.
Ce documentaire tentera de mettre l'accent sur un double aspect : l'apport du danseur et celui du chorégraphe.
Du premier ballet qu'il remonte (Raymonda, 1963) au Royal Ballet de Londres à sa tournée parisienne où il laisse le public ébloui, de son triomphe dans le Ballet du marquis de Cuevas à sa liaison artistique avec l'étoile britannique Margot Fonteyn, le transfuge du Kirov écrit sa propre légende, sillonnant durant vingt ans les grandes scènes et les compagnies les plus célèbres du monde.
Mais le Tatar ne se contente pas de la maîtrise de son art : par ses relectures des ballets de Petipa, il dépoussière et modernise la danse classique. En prenant les rênes de l'Opéra de Paris en 1983, il introduit de la complexité dans les ballets, épaissit la psychologie des personnages, redonne une dimension à la danse masculine et au corps de ballet.
Quelle place occuper quand on est accusé, en 1961, d'avoir trahi sa patrie ? Comment pratiquer son métier en étant contraint à l'asile politique ? Misanthrope, le danseur s'est toujours tenu à rebours des conventions, assoiffé de mondes nouveaux, brûlant la vie. À l'image de Nijinski, ce prince classique dépasse le cadre de la danse, et devient un personnage romanesque.
Bibliographie sélective
- Dominique Delouche, Corps glorieux (La Renaissance du livre, 2003)
- Roland Petit, Temps liés avec Noureev (Grasset, 1998)
- Rudolf Noureev, Noureev. Confessions intimes (Arthaud, 2016)
- Ariane Dollfus, Noureev, l’insoumis (Flammarion, 2007)
- Martine Kahane, Rudolf Noureev à Paris (La Martinière, 2003)
Remerciements à Anne-Laure Chang.
Générique
Un documentaire de Gilles Lyon-Caen, réalisé par Bruno Sourcis. Coordination, Anaïs Kien (2023) et Matthieu Garrigou-Lagrange (2008). Prises de son, Eric Di Maggio, Frédéric Sordoillet, Pierre Common. Mixage, Serge Kristitch. Nouvelle page web, Sylvia Favre-Steyaert.
Pour aller plus loin
- Le site de la Fondation Rudolf Noureev
- Exposition permanente virtuelle, Noureev à l'Opéra de Paris sur le site de la Fondation Rudolf Noureev
- Véronique Doisneau (09.2004), film documentaire de Jérôme Bel et Pierre Dupouey, filmé au Palais Garnier, Opéra National de Paris
Rediffusion du 04 décembre 2008
L'équipe
- Coordination
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- Gilles Lyon-CaenProduction déléguée
- Réalisation
- Attaché(e) de production