"Trilogie de la critique" d'Antonio Negri : un podcast à écouter en ligne | France Culture

"Trilogie de la critique" d'Antonio Negri
© Leonardo Cendamo, Getty
© Leonardo Cendamo, Getty
Épisodes
    • "L’Homme qui rit" s’interroge particulièrement sur le monde contemporain, en prenant pour contexte un événement qui bouleversa l'histoire italienne : l'enlèvement et l'assassinat d'Aldo Moro, secrétaire de la Démocratie Chrétienne, en 1978.
      11 fév.  •  1h 24
    • La pièce met en scène un très jeune résistant italien, tout juste sorti de l'adolescence, spécialisé dans les sabotages et les assassinats d'officiers allemands. Elle affronte d'une autre manière les thèmes croisés de la violence et de la lutte.
      11 fév.  •  1h 26
    • "Prométhée" (critique du divin) est la troisième pièce de la Trilogie de la critique d'Antonio Negri. Elle est diffusée en hommage à son auteur, disparu le 16 décembre 2023.
      4 déc. 2011  •  1h 40

À propos de la série

Une série théâtrale en hommage au philosophe Antonio Negri, mort à Paris le 16 décembre 2023. Les thèmes de cette trilogie se concentrent sur l’engagement politique, l’usage ou non de la violence, la solitude et le désir de communauté.

En hommage au philosophe Antonio Negri, mort à Paris le 16 décembre 2023, voici trois pièces enregistrées en 2011, regroupées dans "La Trilogie de la critique".

Elle est composée de L’Homme qui rit (Critique de la politique) enregistré en public au Festival d’Avignon, Renzo le partisan (Critique des armes), enregistré en public au Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis en 2011, et Prométhée (Critique du divin).

La direction de ces lectures avait été confiée à Barbara Nicolier, metteur en scène, marquant ainsi la fidélité de France Culture à son égard et à l’égard de son engagement vis-à-vis de l’écriture théâtrale trop méconnue d’Antonio Negri. En 2008, France Culture avait coproduit et enregistré la lecture au Théâtre National de la Colline de La Trilogie de la différence, lecture dirigée par Barbara Nicolier et réalisée pour la radio par Jean Couturier.

Antonio Negri est une figure incontournable de la pensée politique contemporaine. Jeune professeur de philosophie du droit à l’Université de Padoue, dont il devint le directeur de l’Institut de sciences politiques, il fut, durant les années 1960 et 1970, l’un des principaux penseurs et acteurs de la contestation sociale et politique italienne. Il fut en particulier l’une des figures essentielles de la lecture renouvelée et hétérodoxe de Marx au sein de l’opéraïsme. Arrêté comme un grand nombre de ses camarades le 7 avril 1979 en vertu d’un "théorème" judiciaire qui le voulait le cerveau de l’enlèvement, puis de l’assassinat, d’Aldo Moro en 1978, il fera plus quatre années de prison préventive dans des Quartiers de Hautes Sécurité.

Le "théorème" fut rapidement abandonné par la justice italienne, mais la répression des mouvements de contestation décapita une génération tout entière, dans une Italie par ailleurs secouée par les terrorismes de droite comme de gauche, par les attentats, et par la corruption de ses appareils d’État. Son élection comme député du Parti radical italien en 1983 lui permit de retrouver la liberté, avant que ne soit levée son immunité parlementaire et qu’il soit contraint de s’exiler en France pour échapper à une nouvelle incarcération.

Arrivé à Paris, il fut protégé par la "doctrine Mitterrand et y resta quatorze ans" enseignant à l’École Normale Supérieure, à l’Université Paris 8 ou au Collège International de Philosophie. En 1997, ayant décidé de rentrer volontairement en Italie pour poser le problème politique d’une amnistie pour les anciens militants des années 1970, il finira de purger six années de "reliquat" de peine, entre incarcération et semi-liberté, avant d’être définitivement libéré le 25 avril 2003.

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Antonio ("Toni") Negri est l’auteur de nombreux ouvrages sur la pensée philosophique moderne (en particulier sur Descartes, sur Spinoza, sur Marx ou sur Leopardi), dont il a extraordinairement contribué à renouveler la lecture. Il a également beaucoup écrit en science politique et en philosophie du droit : le livre Empire, co-écrit avec l’universitaire américain Michael Hardt (plus tard suivi des trois volumes Multitudes, Commonwealth, et Assembly) est ainsi devenu dans les années 2000 un best-seller mondial et a servi de repère théorique pour l’analyse du phénomène de la mondialisation.

Son théâtre, composé de trois Trilogies, est à lire dans le prolongement de sa pensée et de sa pratique politiques. L’expérimentation d’une autre modalité d’écriture qui ne soit pas celle de l’essai philosophique permet en effet à Negri de donner voix autrement à ce qui l’a toujours nourri : l’indignation, la révolte, la haine des guerres et de l’injustice, la hantise de la souffrance des autres, mais également l’émerveillement pour la vie et la confiance en la puissance des hommes et des femmes.

"Les thèmes qui travaillent cette trilogie sont, d’une pièce à une autre, ceux de l’engagement politique, d’une éthique de la conduite, de l’usage de la violence, mais également les questions toujours ouvertes de la solitude et de la volonté de communauté, ou de la puissance créative des hommes et des femmes même dans le maillage le plus extrême du pouvoir. Chacune des trois « Trilogies » négriennes se déploie dans trois espace-temps différents, et créent par là-même tout un jeu de renvois et d’échos dont la complexité veut interroger par rebond notre propre présent. Neuf pièces, donc, qui donnent à voir le monde contemporain, la période de la guerre partisane en Italie, et la réécriture de motifs ou d’épisodes tirés de la mythologie grecque.Judith Revel, philosophe et traductrice, compagne d'Antonio Negri.

"Prométhée" est diffusée le dimanche 11 février à l'antenne, et la trilogie comprenant également "L'homme qui rit" et "Renzo le partisan" est à écouter en ligne sur le site de France Culture et l'appli Radio France.

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Provenant de l'émission

Fictions / Théâtre et Cie, le dimanche de 20 h 00 à 22 h 00 sur France Culture

Redonner toute leur place aux grandes œuvres du patrimoine, d'Eschyle à Koltès en passant par Shakespeare.